Respiration, méditation, apnée

Voyez-vous un lien entre respiration, méditation et apnée ?

Récemment j’ai vécu une belle expérience qui m’a beaucoup touchée et qui m’a interrogée ; il s’agit de l’initiation à l’apnée avec Stéphane Taureau, vice-champion du monde de plongée en apnée (lien du site).

Les apnéistes sont les premiers sportifs à avoir utilisé le yoga dans leurs entraînements quotidiens. Les plongeurs de haut niveau peuvent descendre jusqu’à 130 mètres en apnée, c’est-à-dire sans bouteille.

Le cours commence par l’apprentissage de la détente, allongé au sol. Tour à tour, chaque partie du corps est relâchée. Doucement, Stéphane me guide vers le pranayama, la respiration complète comme on la pratique habituellement en Hatha Yoga traditionnel.

La respiration doit se faire profondément pour bien remplir les poumons mais sans tension, et sans utiliser la force corporelle. Tout se fait sans effort, en restant à l’écoute.

Une fois cette technique acquise, nous répétons l’exercice allongé sur l’eau. Avant de plonger, il faut apprendre à se relâcher et laisser le corps flotter sur l’eau, au rythme de sa respiration.

L’apnéiste apprend à faire UN avec l’eau qui l’entoure, pour ensuite être accueilli et accepté par les profondeurs. 

Une relation de confiance s’installe entre l’homme et l’élément eau.

Stéphane  à mes côtés, je prends une grande inspiration et avec un minimum d’effort je me laisse doucement glisser dans l’eau. J’entends la voix me dire :”Fais-toi confiance, je t’accompagne, tu peux.” Je me sens alors en sécurité.

Progressivement, alors que mon corps s’enfonce dans l’eau et s’adapte à ce nouvel environnement, je commence à comprendre que la plongée n’est pas une simple technique mais plutôt un état de méditation profonde, car il faut savoir lâcher prise, s’abandonner, vivre dans l’instant présent. Il faut cesser de lutter pour faire enfin confiance à la nature.

“Tu ne peux pas trahir l’eau”, me dit Stéphane. Chaque pensée résonne dans l’eau. 

Je ne regarde ni la surface où la lumière du ciel disparaît, ni vers les profondeurs opaques du lac.

L’apnéiste sait qu’il ne doit pas se battre contre la nature pour arriver à ses fins à tout prix. Son corps viendrait alors se crisper, les battements de son cœur s’accélérer, la pression auditive augmenter jusqu’à la douleur. Lutter contre l’eau, c’est se résoudre à remonter en urgence à la surface.

A présent je suis convaincue que chaque moment sous l’eau ou à la surface est important. Ces moments vécus se reflètent dans la relation quotidienne que j’entretiens avec ma vie. Le moment présent est le seul qui existe, qui doit être honoré et respecté tout en accompagnant le mouvement naturel de la vie.

Un grand remerciement à Laure Demoly pour son aide précieuse apportée à la rédaction du texte.

Irina Chand